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 Critique : Le Livre dont vous êtes le Chat

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Licorne 1PU
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Faction: Canterlot
Mar 24 Juil - 16:34

Les livres interactif sont un genre à part de la littérature. Car en effet, les seules compétences d’écriture et de narration ne sont absolument pas suffisantes, il faut aussi savoir faire du level-design, de l’équilibrage de gameplay et surtout, rendre son livre réellement interactif, autant que peut le faire le média évidemment. La série que l’on connaît le plus en France, c’est Les Livres Dont Vous Etes le Héros, particulièrement les séries Défis Fantastiques et Loup Solitaire, qui sont aujourd’hui les seules à avoir survécu au temps. Malheureusement, pas seulement avec leur qualité (surtout pour les DF…) mais surtout pour leur nostalgie, puisque l’éditeur de ces deux série les rééditent advitam eternam, sans jamais rien inventé… et quand ils inventent, c’est extrêmement mauvais (voir ma critique de ‘’Le Sang des zombies’’).

Mais vous savez aussi que la relève est assurée, timidement, pour des publics un peu plus restreints. Ce dont je n’ai pas parlé la dernière fois, c’est des one-shots, ces petits livres indépendants, quasiment sans éditeurs particuliers, qui arrivent à sortir et qui ont la plupart des intentions parodiques. L’un d’entre eux c’est ‘’Le Livre dont vous êtes le Zéro’’ du youtuber Kemar. Aujourd’hui, je viens vous parler du Livre dont vous êtes le Chat, paru en mai 2018, donc, très récemment.

L’histoire ultra classique mais bien mis en place

Le récit commence in media res, vous vous réveiller après une soirée bien arrosée et, horreur, vous êtes devenu un chat obèse du nom de Giggles. Comble du désastre, votre maître et vous allez bientôt déménager ! La seule solution pour l’en empêcher, prendre vingt kilos !

Jusque-là, tout va bien, on est en plein fantastique, même dans une perspective humoristique, notre curiosité est titillée, on a envie de savoir pourquoi, comment, et surtout, on a envie de s’en sortir, car dans ce style de récit, l’un des codes veut que l’on ait toutes les révélations lors du troisième acte, c’est-à-dire, lors de la résolution de l’intrigue.

Mais cet œuvre n’en fera rien !

Oui, je vous spoil, mais là, j’en ai terminé avec les points positifs de l’histoire, et tout comme l’auteur choisit de ne pas nous respecter en se moquant ouvertement de nous, en essayant de nous convertir à son point de vue et à la conclusion de son histoire, ou plutôt de son absence. En effet, pour toutes les fins où l’on ne meure pas, le jeu s’arrange pour nous faire échouer pour une raison absurdement réaliste et logique. En vérité, on ne peut donc qu’échouer, et à la fin l’auteur nous explique que l’on a pas à se plaindre, car être un chat vaudrait bien le coup.

C’est oublier que les chats, dans son univers, utilisent internet, prennent le métro, le bus, vont au tribunal…
Attendez on joue un chat ou un humain ?

Car en effet, l’auteur ici oublie la règle d’or qui régit toutes les histoires du monde entier : On peut faire n’importe quoi, mais pas n’importe comment.
Le début d’une histoire nous pose un contexte, et donc, les règles quantiques de son univers. Et ici, on débute dans la peau d’un chat qui doit grimper à une table pour manger un gâteau en passant par plusieurs autres objets, car on est trop gros pour y arriver en un seul bond de chat gracieux.
Mais une fois la quête lancée, toutes les solutions auquel on doit passer ne sont que des actions que seuls des humains pourraient faire ! Utiliser une clef pour ouvrir la cave, utiliser un téléphone, choisir un avocat pour réussir son procès et j’en passe. Lorsque la quête et lancée, le fait que l’on soit un chat n’est utilisé que pour quelques anecdotes humoristique, mais jamais pour nous mettre des bâtons dans les roues. Ce qui me pousse à vous parler maintenant des…

Mécanique de jeu mal pensés et simplistes

Concrètement, ce livre ne vous permet de faire que des choix. Les règles vous parle bien de combats et de gestion d’inventaire, mais les premier sont anecdotiques et jamais palpitants pour un sou, tandis que le second est inutile, car le livre ne vous proposera qu’une seule et unique fois un passage où vous risquez de ne pas avoir les objets proposé.

Les combats sont rébarbatifs et ennuyeux, en plus d’être le seul facteur de difficulté proposé. Les ennemis ont souvent le même nombre de PV que vous, voire plus, et ont presque toujours des attaques spéciales se déclenchant avec un 2 et un 12 qui vous tue en un coup !
En plus, ces affrontements sont le puits sans fond d’une mine inépuisable d’incohérences débile.
Le pigeon qui peut vous donner la grippe aviaire (qui vous tue en un seul coup) par… son bec. En vous piquant avec. Pas en toussant hein.
Le juge qui vous attaque physiquement parce que vous lui avez balancé une boulette de papier d’aluminium, et qui a presque autant de PV que le pigeon cité plus haut…
Les cinq chats roux de la téci qui vous piègent et qui peuvent vous tuer en jouant la carte de la bienpensance : ‘’Quoi ? C’est parce qu’on est roux wesh ?’’ (Bon celle-là est drôle).

Mais ce défaut n’est pas le plus grave.
En effet, si dans une histoire vous pouvez proposer une mauvaise fin, vous ne devez pas le faire n’importe comment. Tout d’abord, vous ne devez pas le faire en faisant comme si c’était bien, car ça casse la surprise et l’émotion d’une pareille conclusion, même si c’est pour l’humour.
Prenons par exemple, Infinity Wars, vous imaginez si des héros commençaient à sourire après que Thanos ait claqué des doigts ? Et juste sourire hein. Et si la musique commençaient à devenir plus joyeuse et positive ? Et si on ne présentait que le point de vue de Thanos du début à la fin ?

Deuxièmement, il faut que cette défaite arrive d’un cheveu. On n’est pas chez Lovecraft, la défaite n’est pas censée être inévitable.
Là encore, reprenons Avengers Infinity Wars. Ce qui fonctionne dans ce film, c’est que les héros échouent toujours d’un cheveu, et pas par incompétence, mais à cause de circonstances extérieurs, de mauvais choix et d’autres choses (y compris Thanos bien entendu). Ici, on a l’impression que le but n’est que d’essayer, avec des actions que l’on ne devrait même pas pouvoir faire, tout ça pour le lolz et les photos de chats mignons, qui ne nous représentent même pas à chaque fois. Dans les crédits à la fin, on se rend compte qu’il y a beaucoup d’emprunts, et les photos représentant le chat obèse que l’on est censé jouer ne sont qu’au nombre de deux, et toujours dans la même position.

Ce qui commence donc à ce stade à me faire poser la question suivante : quel était donc le but de ce livre ?

Comment une idée marketting peut réduire la plus belle des idées


Parce que pour faire cette histoire, même avec beaucoup d’humour, c’était largement faisable : R.L.Stines l’a fait avec ‘’Méfiez-vous des abeilles’’ ou le héros échangeait son corps avec une abeille. Donc, une quête interactive similaire est largement faisable, avec de l’humour bien entendu. Mais il ne faut pas oublier que l’on joue un chat et que l’on doit surmonter des difficultés avec ce genre de corps, et avec des problématiques liées. Et donc, une véritable conclusion où l’on aurait réussi, ou échoué, mais au moins une explication.

Parce que là, tout ce que l’on a, c’est un enchaînement de situation plus ou moins rigolote avec des photos de chats. Des photos très mignonnes de chats, mais pour 10 € ça fait très cher la compilation de montage photoshop.

Il y avait tellement mieux à faire, à la fois dans le domaine, avec ces idées, et surtout, avec ce format et ce média. Nous avons bien ‘’La guerre des clans’’ pour des histoires avec des chats. Cette saga fait aujourd’hui plus de cinq cycles. Pourquoi ? Parce qu’il ne joue pas que sur l’image ‘’gros chat mignon’’ avec de l’humour absurde. Parce qu’il raconte une vrai histoire, comme le veut un livre. Et d’ailleurs, un livre jeu, même parodique, offre plus d’interaction avec son livre que de choisir entre A et B. La série Destin des Livre dont vous êtes le Héros l’a prouvé en proposant un système entièrement sans dés, et donc, sans hasard, mais avec beaucoup plus d’interaction sur chacun de ses livres que ‘’Le Livre dont vous êtes le Chat’’. Vous voulez d’ailleurs un meilleur livre interactif avec de l’humour ? Allez lire ‘’Le livre dont vous êtes le zéro’’. Allez vous chercher ‘’L’épopée du Moine guerrier’’ (mais attention, c’est du hardcore). Mais à moins d’être aussi féru des chats que moi, vous ne trouverez pas votre compte.
Pour ma part, je me suis effectivement amusé, les situations s’enchaînent bien, les aventures sont courtes, j’ai ri une ou deux fois, mais dire que je suis le public visé serait un doux euphémisme.
Mais si vous n’êtes pas comme moi, dirigez-vous vers autre chose, et si vous débutez, je vous conseillerez plutôt les BD dont vous êtes le héros de chez Makaka.
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